Je sais que celà peut paraître étrange mais, pour moi, le cerveau n'a pas de mémoire, il fonctionne comme fonctionne une fourmillière. A une interaction entre le milieu extérieur et le cerveau, le cerveau réagit toujours de la même façon a moins que l'interaction suivante ne soit pas positive ou favorable au but à atteindre.
Comment ça marche ? Ou, plutôt, comment ça peut marcher ?
Prenons l'exemple de la fourmillière et associons à chaque fourmi l'équivalence à un neurone d'un cerveau simple comme celui d'un petit vertébré style grenouille ou autre animal apparenté.
Lorsqu'une fourmi s'active, elle laisse derrière elle une trace odorante qui permet aux autres fourmis de savoir qu'elle est passée par là et selon l'importance olfactive de la trace, soit la fourmi vient de passer, soit celà fait un certain temps et en fonction de l'importance de cette odeur, la fourmi qui croise cette trace va avoir tendance à suivre l'autre fourmi ou pas. C'est l'équivalent nerveux du seuil de sensibilité. La fourmi qui s'engage à la suite de l'autre va elle même créer un flux odorant que d'autres fourmis vont détecter. Plus les traces sont nombreuses et fraîches plus les fourmis s'engagent sur la trace.
Faisons l'expérience suivante, ( je ferais des shémas dessinés un peu plus tard )
D'un côté, une fourmillière artificielle construite dans du platre et d'un autre coté un bocal de miel ou une substance attractive pour les fourmis. Au milieu et pour bien séparer l'accès à la nourriture, une fosse verticale profonde avec de l'eau au fond.
Pour rejoindre les deux points, un petit pont de papier ou de carton permet de passer au-dessus de la fosse. Ce premier pont doir être fait étroit pour que peu de fourmis puissent passer sans se gêner.
Libérons la fourmillière, les fourmis, naturellement vont explorer leur nouveau milieu. Par cercles de plus en plus larges les fourmis les plus exploratrices, vont atteindre le bord de la fosse et constater la limite à ne pas dépasser. Sauf accident, elles ne tomberont pas dans l'eau. Une des fourmi trouvera nécessairement le pont et après avoir hésité elle le passera ou une de ses condisciples le fera un peu plus tard. En faisant cette action elle va marquer le pont par une odeur spécifique que les autres fourmis vont pouvoir dérecter. En traversant le pont, elle va arriver dans la zone de nourriture. Mais, elle ne le sait pas. Elle peut revenir bredouille à la fourmillière en reprenant la trace qu'elle laisse derrière elle ( c'est comme ça que les fourmis ne se perdent pas. ) Ceci dit, en repassant sur le pont elle va renforcer l'odeur de passage et d'autres fourmis vont être attirées par ce chemin si bien qu'à force de voyages incessants, ils vont découvrir la nourriture tant convoitée.
Au delà du système shématique du système nerveux, la fourmis va ramener dans son jabot social un peu de cette nourriture pour la faire gouter aux autres fourmis. Les autres vont alors suivre les traces de celle qui a trouvé la nourriture. Un flux de fourmis va alors passer par le petit pont étroit. Ce pont va devenir comme un véritable boulevard où toutes les fourmis vont se croiser et laisser une trace odorante de plus en plus importante. Mais, comme nous l'avons fait trop étroit, elles vont être obligées de s'agglutiner à chaque entrée et sortie du pont. Pour transposer avec le système nerveux humain, nous allons placer à côté du pont étroit, un pont beaucoup plus large, mais à une certaine distance pour qu'elles ne le trouvent pas immédiatement. Il faut le placer discrètement pour ne pas les effrayer ou les écraser. A regarder les fourmis au début, celà va vous sembler un peu stupide parce qu'elles vont continuer à s'avancer sur le premier pont. Les fourmis qui se sont agglutinées au bord du pont étroit, ne peuvent pas rester en place. Elles vont tourner autour du point d'accès, jusqu'à ce que l'une des fourmis explore le pont le plus large. Elle va elle aussi découvrir l'accès à la nourriture mais, par une autre voie. Derrière elle s'étirera une fine trace odorante. Cette trace est complètement masquée par l'importante odeur du pont étroit, gage d'une nourriture abondante. Mais, le pont étant si étroit, d'autres fourmis vont faire comme la précédente et découvrir le pont qui est plus large. Au bout d'un certain temps, vous allez voir que toutes les fourmis vont se mettre soudainement à passer par le pont le plus large. Votre réflexion sera de dire, qu'elle intelligence que ces fourmis, elles abandonnent le pont étroit pour passer par le pont large et gagner du temps. Et bien c'est totalement faux, les fourmis ne sont pas intelligentes, ou particulièrement douées, elles réagissent tout bêtement à l'odeur. Le pont étant plus large, il accumule plus de traces d'odeur que le pont étroit, les cheminements devenant de plus en plus important sur le pont le plus large, les fourmis vont l'utiliser de préférence au pont étroit. Au fur et à mesure que le temps passe, le pont étroit va même devenir moins odorant que le pont large et ne sera utilisé que par très peu de fourmis. En regardant une vidéo image par image du déplacement des fourmis, vous verrez le pont large se noircir de plus en plus au passage des fourmis qui seront en fait attirées par l'odeur de leurs congénères.
Et la mémoire la dedans, c'est simple à la nuit tombante, les fourmis vont aller se réfugier dans leur nid. Au matin, les traces qui menaient au petit pont se sont pour ainsi dire quasiment estompées alors que les traces qui mêment au pont large persisteront encore ( ce sont les dernières a avoir été utilisées et en plus en grande quantité. ) au réveil, les fourmis vont se ruer vers ces traces encore fraîches et retrouver immédiatement le bon trajet. Dans ce cas, il n'est point question de mémoire ou d'intelligence mais une réponse stupide à une obligation de la fourmi de suivre les traces odorantes pour trouver de la nourriture et faire vivre la communauté.
Si on transpose au cerveau, ou peut considérer le flux nerveux comme étant la fourmi. Les neurones, les différents trajets que peut emprunter le flux nerveux et la nourriture, une satisfaction neuronale à trouver un équilibre biochimique dans les synapses. Lorsqu'une action extérieure oblige le corps à réagir, les influs nerveux, vont chaotiquement chercher les différentes voies dans les neurones pour répondre à cette action extérieure. N'oublions pas que le cerveau reçoit de tout notre corps, au même moment toutes sortes d'informations. Par exemple visuelles, par l'intermédiaire de vos yeux et tactiles par l'intermédiaire du corps. Cette sensation tactile vient de tout votre corps. Vos vêtements, le bord d'une table etc. Il reçoit tout mais ne réagit pas à tout systématiquement, imaginez le supplice si vous deviez sentir physiquement en permanence tout ce qui se passe sur chaque millimètre carré de votre peau. Il y a un tri et c'est le seuil de sensibilité, tout comme la fourmi qui ne réagit pas systématiquement à la trace d'une de ses consoeurs ou parce que la trace est trop faible par rapport à une trace qui est très forte à côté. D'autre part le cerveau est déjà équipé de passerelles qui indiquent grossièrement au cerveau ce qu'il doit faire à la base. Pour un bébé, c'est crier, bouger, augmenter le rythme cardiaque etc. Ces passerelles initiales permettent la survie du cerveau, elles ont été acquises grâce à la sélection naturelle, il ne s'agit même pas d'intelligence c'est le cerveau primitif qui fait l'action. Le petit bébé a mal au ventre. Sa réacton instinctive est de sourire, il fait une grimace qui s'apparente à un sourire. Sa mère, qui le regarde va s'attendrir sur ce sourire qui est pour elle socialement un geste de rapprochement et de contentement. Elle va se rapprocher du bébé et lui montrer de l'intérêt. Le cerveau va associer par habitude que le sourire fait plaisir à la mère et à l'entourage. Au niveau du cerveau une chaine neuronale ( un peu plus complexe que le simple pont des fourmis) va s'activer. en s'activant elle va laisser une trace biochimique, comme la trace de la fourmi et plus cette trace sera "épaisse", plus elle sera mémorisée. Chaque évènement, chaque action va déclencher ce mécanisme d'imprégnation et du coup le cerveau va se "mémoriser des chemins préférentiels qui fonctionnent bien ." Ces chemins peuvent être utilisé ensuite pour d'autres actions. Il y a un danger, le bébé peut se mettre à sourire ou à rire parce que juqu'a présent, ça a marché mais, ce n'est pas toujours la bonne réponse et si ça ne marche pas, un autre chemin sera testé jusqu'à la satisfaction complète. Ainsi de suite, l'apprentissage devenant de plus en plus fin et de plus en plus complexe. L'effet mémoire c'est de repasser sur un chemin neuronale déjà utilisé dans un cas semblable. Dans les multiples combinaisons possibles, le fait de repasser sur un système existant déclenche à chaque fois l'effet mémoire et le renforcement de ce chemin privilégié.
Je reviens sur le sourire du bébé. J'avais été perturbé la première fois que j'avais approché un babouin en cage. Chez le babouin, contrairement à nous, le fait de sourire est un signe d'agression qui veut dire en gros méfie toi de moi. Comme je le voyais sourire, mon cerveau m'inscitait a m'approcher du babouin et le professeur qui était à côté de moi m'a aussitôt mis en garde: il est important de ne pas faire d'anthropomorphisme, la réaction du singe ( dans son cerveau ) ne correspond pas à notre réaction ( dans notre cerveau ). Le singe est si proche de nous qu'on a tendance à l'oublier.
Il n'y a pas de substances chimiques capablent de stocker la mémoire et tel que l'on pourrait la transporter d'un cerveau à un autre ou que l'on pourrait reproduire pour l'injecter à une autre personne. Plus un cerveau a la possibilité de créer des chemins et de faire des tests, plus ce cerveau est intelligent. Ce n'est pas sa taille mais le nombre des connexions qui importe le plus.
1°) si il existait une substance chimique capable se se comporter comme une mémoire informatique, notre réponse à des problèmes ou la façon de répondre à une sollicitation serait systématiquement la même et prendrait la forme d'une réponse de type informatique.
2°) Si il existait une substance chimique capable de stocker des informations, cette substance apparaîtrait de plus en plus au cours de notre vieillissement et serait de plus en plus mesurable chimiquement dans notre cerveau ce qui n'est pas le cas.
3°) Si il existait une substance ou un système biochimique spécifique à la mémoire, il suffirait de transplanter cette substance ou se système biochimique d'une personne à une autre pour que celle ci se souvienne également des souvenirs et des connaissances de l'autre personne. Ce n'est pas le cas.
4°) Si il existait une substance chimique, de type protéïque ou autre qui serait le support de la mémoire, l'altération de cette protéïne ou l'action chimique d'une substance toxique ou vénéneuse impliquerait l'effacement complet de la mémoire du cerveau. Ceci n'existe pas.
5°) Dans le cas de maladies dégénératives, le cerveau se réduit de plus en plus en poids et en taille comme par exemple dans la maladie d'alzheimer, le malade régresse et revient en enfance parce que la réduction du cerveau élimine les liaisons les plus récentes et ne laisse subsister que les anciennes. Le malade ne se souvient plus qu'il est marié, qu'il a des enfants et il confond le présent et le passer. C'est normal puisque le cerveau fait repasser les influx nerveux sur des chemins déjà parcourus mais trop anciens. Les liaisons "modernes" n'existent plus. Il doit recréer de nouveaux shémas chaque jour ( il entre dans une phase à nouveau d'apprentisage) mais ces nouveaux shémas sont à nouveaux détruits chaque jour. La dégénerescence gagne sur l'apprentissage au point que la vie devient impossible et le patient meurt.
Le retardement de l'effet destructeur est réalisé en activant un apprentissage journalier. C'est à dire que le malade passe son temps à réapprendre sans pour autant vivre normalement. La dégradation des liaisons crée des déchets qui s'agglutinent sous forme de taches de mélanines à l'intérieur du cerveau. Il faut trouver la cause des ruptures de liaisons et la cause de la dégradation progressive de ces liaisons pour arriver à soigner la maladie. Retirer les taches c'est simplement faire office d'éboueur.
Imaginons maintenant une grille de cent cases sur cent cases soit 10000 cases, chaque case peut être utilisée autant de fois que nécessaire et pas forcément pour le même usage. A chaque possibilité d'usage des case, correspond une action, une case une action mais deux cases une autre action etc. Le nombre des grilles étant tellement important qu'une grille de 100x100 permet de faire vivre à la manière d'un petit invertébré une grenouille ou une tortue artificielle imaginaire qui vivrait, se nourrirait et réaliserait même des apprentissages. En développant l'idée, une grille de 1000 x 1000, permettrait d'imaginer un chien ayant toutes les attitudes d'un chien tel qu'on peut le concevoir dans la vie de tous les jours. L'idée de millliard de neurones est fausse, c'est le nombre de liaisons entre les neurones qui est le plus important et peut être qu'avec 1 million de cases sur 1 million de cases, on pourrait reconstituer le cerveau d'un homme qui apprendrait, vivrait, parlerait mais qui serait simplement qu'un gros tableur excel.
En développant cette idée, je suis en train d'essayer de faire une programmation neuronale simple. Et on verra. Si des gens sont plus doués que moi, je suis intéressé pour voir le résultat.
Si le sujet vous intéresse, je vous suggère de visiter le site de Carlos Gershenson, spécialiste de l'auto-organisation et l'article de science&vie de février 2005 N°1049. Vous trouverez une simulation d'une circulation automobile dans une grande métropole dans laquelle, les feux rouges ne sont pas reliés entre eux, c'est le flux des véhicules qui transmet l'information de feux rouge en feux rouge. A voir : la simulation
A suivre....
Commentaires